Aujourd'hui, à Ghisonaccia Gare, la campagne hivernale des Resto du Coeur, vient de prendre fin.
Nous venons de faire notre dernière distribution.
Nous avons vider les stocks et donner à toutes ces personnes.
Et oui, si dans certaines villes les distributions ont lieu toute l'année, ici ce n'est que pendant la trêve hivernale.
Je suis triste, car je vais moins voir les personnes avec qui je suis bénévole. Et je dois avouer que malgré les circonstances, j'ai passé de très agréables moments, de bons fou-rire. Il y a une super entente malgré les différences d'âge, je suis la plus jeune, mais cela n'empêche. Nous sommes unis par les liens de la solidarité, de l'entraide, de la générosité, si je puis dire. Cela m'a donnée une certaine bouffée d'oxygène par rapport à l'endroit confiné où je vis. Je n'ai jamais dit ce que je faisait là où je vis. Pourquoi me direz-vous? Par pur égoïsme je pense car je m'y sentais tellement bien que je ne voulais que les gens qui soient dans l'entourage professionnel de mon mari se retrouve avec moi là-bas. Je voulais garder ma bouffée d'air pur, d'oxygène. C'est pas très glorieux, j'en conviens mais j'avais besoin d'être ailleurs dans un autre environnement....
Je suis triste et je me pose beaucoup de questions. Des questions existentielles certes, mais en fait, je me demande ce qu'il va advenir de certaines personnes. Comment vont-elles vivre pendant ces quelques mois sans cette aide alimentaire. Car pour certaines personnes, malheureusement l'aide donné n'est pas un luxe, sans elle, elles ne mangeraient vraiment pas grand chose. Dans toutes les personnes bénéficiaires, il y a des gens pour qui c'est une aide, précieuse, mais une aide.
Pour d'autres, et là c'est beaucoup plus problématique et dommageable, c'est une nécessité, et parfois même une nécessité vitale. Et pour eux je me pose bien des questions. Car certains sont dans une drôle de spirale et je me demande ce qu'ils vont advenir. Comment vont-ils vivre?
Peut-être que cela me touche me trop, je veux bien l'admettre. Mais je vois combien pour certaines personnes, généralement celles les plus en difficultés, il est difficile de faire certaines démarches. Certains ne les font pas du tout. Du coup, ils n'ont pas toutes les aides appropriées auxquelles ils pourraient avoir accès et leur vie ressemble à un long et difficilechemin de croix. Je ne dis pas qu'il faut pratiquer l'assistanat mais certaines personnes n'ont vraiment pas grand chose pour vivre. Je pense principalement aux personnes âgées qui ne disposent même pas du minimum vieillesse. Essayer de vivre avec 500 où 600 euros par mois. Vous m'en direz des nouvelles. Que font leur famille? je ne puis y répondre, les cas sont tellement différents et puis les histoires de familles sont tellement complexes parfois.... Bref, beaucoup de questionnement.
Voilà, j'avais juste besoin de l'écrire.