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Ce blog est un façon de faire partager à ma famille, nos amis, loins de nous, nos activités, notre vie. Je parle de ce qui m'a touchée, positivement ou négativement.Je posterai mes articles en fonction de mes possiblités, pas forcément quotidiennement

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Un agriculteur face à l'inertie de l'administration




Source : Lettre de Marc Prietto

Aujourd'hui, je vous fait lire l'intégralité de la réflexion de Marc Prietto, confronté à des problèmes mettant à mal son exploitation. Je préférais laisser ses propos tels quels car ils les expriment avec son coeur. Entre le monde agricole et le monde "civil" la compréhension n'est pas toujours au RDV. On ne cesse de nous dire qu'il faut protéger notre environnement mais quand certains les font à leur manière et qu'ils sont confrontés à des difficultés indépendants de leur volonté on leur oppose des fins de non recevoir.
A vous de juger

       Si vous n’avez pas eu de nouvelles depuis un bon mois et demi, c’est parce que tout n’allait pas pour le mieux.
 
       Ainsi, si certaines personnes estiment et reconnaissent l’intérêt public de notre métier, il n’en va pas de même pour tout le monde et, en particulier, pour le premier magistrat de notre commune.
J’exposais déjà, dans mes lettres hebdomadaires de la saison passée, les problèmes de la mise à nu et de l’imperméabilisation des sols résultant de l’urbanisation environnante, excessivement rapide, sur les sols de notre domaine agricole.

        Cette année, c’est à Monsieur le Maire de la commune de Zonza que je tentais, en vain, d’exposer ces mêmes problèmes.

        Face à une porte et à des oreilles closes, je me suis donc tourné vers mon organisme professionnel représentatif (la Chambre Départementale d’Agriculture) qui a tout de suite compris le problème et s’est empressé d’interpeller Monsieur le Maire sur ledit problème.

        J’apprends par la bande, après un silence radio d’un temps certain, que finalement des travaux seront entrepris en septembre pour enfin nettoyer le petit cours d’eau dans lequel se jette mon collecteur de drains.
        
         Il faut savoir que mes terres très anciennement marécageuses ont été assainies par des drains et/ou des fossés dimensionnés pour l’usage agricole du seul domaine et pour les eaux de ruissellements du maquis environnant.
         Aujourd’hui il leur faudrait, aux drains et aux fossés, une capacité d’absorption dimensionnée pour tout le bassin versant urbanisé qui entoure le domaine.
 
         Le problème des ruissellements de l’amont qui occasionnent des pertes de terres arables et des engorgements des sols en aval est aggravé par le non entretien de l’exutoire, de mon collecteur de drain, qui se trouve sur des terres ne m’appartenant pas et qui tire jusqu’à la mer, deux kilomètres plus loin.
 
         Mais quelques jours après une « bonne nouvelle » j’apprends que, de l’avis de Monsieur le Maire (qui me fait savoir par la bande), il s’agit là d’ « un problème privé dans lequel la Mairie ne peut intervenir »(sic).
 
         Je comprends donc qu’il s’agit là d’une fin de non recevoir et qu’il lui importe peu que :
- Mon domaine agricole soit le réceptacle de toutes les eaux de ruissellements,
- Que mon domaine de douze hectares soit amputé des trois quarts par l’inondation chronique des eaux de ruissellements de l’urbanisation et du non entretien des « cours d’eau »,
- Que cette année nous n’avons pas pu travailler nos terres dans les règles de l’art,
- Que sur les trois hectares cultivés annuellement il nous en manque un cette année,
- Que cet hectare manquant représente 20 tonnes de légumes récoltés en moins,
- Que les semences, engrais et terreau qui y étaient destinés et donc non utilisés viendront gonfler les pertes d’exploitations,
- Que mon gagne pain et celui de ma famille (trois enfants et leur maman), si aucun aménagement n’est fait dans un futur proche, peut nous mettre sur « la paille », car notre métier de maraîcher n’est fait que d’investissements,
Et qu’en fait, au final votre assiette soit vide.
 
          Car il va de soit que nombre de mes collègues agriculteurs sont dans le même cas de figure et qu’ainsi, insidieusement se meure notre « vital métier ».
 
« Notre liberté s’arrête où commence celle des autres,
Notre labeur est fortement contraint,
Nos murs prennent l’humidité,
Nos fenêtres risquent, sérieusement, de se fermer définitivement… »
 
Le petit poème, qui était mon credo, évolue et a fait son temps.
 
       Je me permets pour l’occasion de reprendre celui de je ne sais plus trop quel philosophe, pour continuer :
       « Ce n’est pas le chemin qui est difficile,
        C’est le difficile qui est le chemin … »
 
Car « C’est de notre capacité à souffrir que nous survivrons » (ça, c’est d’un rappeur de banlieue parisienne).
 
       Enfin, ce n’est pas de petites phrases chocs que dépend l’avenir de notre DOMAINE AGRICOLE DE VALLE.
Mais de la rencontre prochaine de deux élus l’un, agricole, qui devra faire entendre à l’autre, civil, la raison qu’il refuse d’avoir.
Du moins je l’espère.
Et les semaines qui viennent me diront si je dois devenir procédurier, voir syndicaliste …
 
Dans l’attente, ce qui me reste de champ me réclame et attend les soins que je lui dois.
 
Bien à vous,
 
Marc.
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