Ce blog est un façon de faire partager à ma famille, nos amis, loins de nous, nos activités, notre vie. Je parle de ce qui m'a touchée, positivement ou négativement.Je posterai mes articles en fonction de mes possiblités, pas forcément quotidiennement
Aujourd'hui la majeure partie de femmes ont recours à la péridurale, soit, selon la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques, 63%, sans compter les rachianesthésie où là le pourcentage monte à 74%. Cela ressemble a une pratique systématique et l'on peut se demander dans quelle mesure cela est-il un véritable choix conscients pour les femmes ou si cela n'est pas "encouragées"? Car aujourd'hui la péridurale est présentée comme le "pack" antidouleur, la solution à la douleur, alors comment y échapper.
Personnellementj'en ai fait l'expérience lors de ma visite auprès de l'anesthésiste lors de mes 2 grossesses lorsque que j'ai émis le voeu d'accoucher sans péridurale. Tout à été fait pour m'en dissuader au point de me faire peur et de m'entendre dire: "Ce n'est pas quand vous aurez vraiment mal qu'il faudra venir m'appeler, vous voulez faire ainsi et bien souffrez mais vous irez jusqu'au bout, je ne me déplacerait , c'est de la connerie, à quoi bon souffrir inutilement. Hein et si le col ne s'ouvre pas vous serez bien, etc..." Je vous passe les autres petites phrases très agréables. Pour un 1er accouchement cela vous met en confiance et pour un second quand vous lui dites que vous avez accouché sans péri pour le 1er c'est tout juste si on ne vous traite pas de folle. Bref que du bonheur ! Ce sont des discours sur la douleur laissant à penser qu'accoucher est extrêmement douloureux et que la péri est la solution permettant de la supprimer. On nie tout bonnement la douleur physiologique. On tient des discours qui se veulent infantilisant. Un comble à mon sens car on a des femmes qui s'apprêtent à devenir mères et donc à élever des enfants.
La péridurale n'est pas à proscrire car cette analgésie constitue une véritable avancée en obstétrique et son utilisation peut s'avérer salvatrice notamment dans les cas de résistances empêchant le col de se dilater et donc le travail d'avancer. Dans de tel cas, c'est une solution qui permet de débloquer la situation et ne pas faire souffrir la parturiente. L'OMS le rappelle fort bien "Il ne fait guère de doute que l'analgésie épidurale est utile en cas de travail ou d'accouchement compliqué."
En revanche comme le montre bien le dossier de Grandir Autrement ce qui est discutable c'est sa généralisation et sa banalisation. Aujourd'hui cela fait partie de package de l'accouchement à la française. Naissance est presque devenu synonyme de péridurale, tant dans le monde médical, où chez certains gynécos, sages-femmes le recours est parfois fait de façon systématique, que chez les femmes enceintes.
Il faut prendre conscience que la péridurale facilite uneparite du travail des équipes médicales, notamment dans les grands ensembles. Les femmes sous cette analgésie ne font pas de bruit ou presque, elle nécessitent moins d'accompagnement ou d'attention spécifique. Cela permet de gérer + facilement plusieurs accouchements en même temps. Car dans certaines grosses maternités les sages-femmes, jonglent, si je puis dire, souvent entre 3,4 ou 5 naissances à la fois. Pas simple quand on est que 2. Faute de temps, on ne peut accompagner comme on le souhaiterait les futures maman.
Loin de moi l'idée de dire qu'il ne faut pas faire de péridurale, mais je pense qu'il faudrait vraiment mieux informer, aider et surtout laisser le libre choix et ne pas par divers moyens détourner tout faire pour que la future maman fasse ce choix, au moins en début de travail. Il me semble important de pouvoir vivre dans son corps ces moments et de les vivre avec son bébé, et si cela s'avère vraiment trop difficile, trop long, etc..., alors de faire le choix de la péridurale. De plus les positions adoptées une fois le monitoring posé voire la perfusion, ne permettent plus vraiment de bouger et on est contrainte à la position allongées. Dans cette position les douleurs deviennent de + en + fortes et de - en - tenables, car avec l'immobilité la douleur des contractions se décuplent. Généralement, les femmes font alors la demande de cet analgésie. Si les femmes pouvaient être accompagnées, bougées, être assises, debout, marchées, avoir accès à de gros ballons, un bain, des massages, etc..il en serait probablement autrement. Pour Guillem, dans la maternité où j'ai accouché, j'ai eu l'opportunité de bouger, et de prendre un bain et vraiment cela m'a beaucoup aidé. De plus j'avais acheté un ballon sauteur gonflable que j'ai pu utilisé avant d'aller dans le bain et cela m'a vraiment beaucoup aidé. J'ai eu la chance d'être dans une maternité assez "nature" dans la quelle mon projet de naissance a été en grande partie respectée, d'avoir une sage-femme qui avait cette vision et aussi qu'il n'y ai pas vraiment d'affluence ce jour là, enfin dans le créneau que j'occupais. C'était le 23 décembre après-midi. Car dés la fin de journée et dans les 2 jours qui ont suivi cela aurait été beaucoup plus compliqué, il y a eu plusieurs accouchements en même temps et pas vraiment de sages-femmes supplémentaires : difficile de se couper en 2 ,3 ou 4.
la suite au prochaine épisode....
Source : en grande partie Grandir Autrement n°17